PAR DIDIER PARSY
dparsy@lavoixdunord.fr PHOTO THIERRY LAMANDIN
Mais le football, science inexacte par excellence, réserve parfois de ces sacrées surprises que ces dernières en font sa beauté. Mais pour le cas présent, il fallait plutôt parler d'erreur de casting pour ces Tchèques du Sparta Prague, vaillants certes, mais trop limités techniquement pour empêcher le Racing de mettre le trophée croisien pour la cinquième fois dans sa vitrine de « Bollaert » !
Si nous avions donné, dès samedi soir, les quatre équipes du dernier carré, il faut bien reconnaître que le Sparta, aux débuts prometteurs dans le tournoi nordiste, ne confirma pas ses excellentes dispositions. D'ailleurs, et ce n'est pas le plus mince des mérites croisiens, l'Iris d'Olivier Ritaine avait fait sensation en renvoyant les joueurs de l'Est aux vestiaires avec une défaite en match de poule (1-0)...
La suite tourna pourtant en faveur du groupe de Milan Boska qui, en demi-finale face aux décevants Anglais de Watford, trouva l'ingénieux moyen de se qualifier aux tirs au but (1-1, puis 4-3). Crime de lèse-majesté ? Certainement pas ! Tout juste les Tchèques avaient-ils exploité pleinement la timidité, que dire, la maladresse des sujets de l'Union Jack. C'était finalement Croix dans toute sa splendeur, avec son lot d'incertitudes engendré par la longueur et la dureté de la compétition.
Le RC Lens d'Éric Sikora tua donc très rapidement le suspense. Ses flèches couleur ébène se chargèrent de transformer le succès en triomphe et le quotidien souffreteux du moment en grosse bouffée d'air pur. Et si le Racing venait à connaître les affres d'une relégation en Ligue 2, ses dirigeants pourront toujours se dire qu'ils ont un réservoir dans lequel ils pourront très généreusement puiser, la saison prochaine... Mais là n'est pas l'heure de s'apitoyer sur le sort des « miniers », car la démonstration offerte par Joseph-Monrose, Mendy, Sow et consorts mérite d'être saluée à sa juste valeur. En deux temps, trois mouvements, les Lensois assommèrent le Sparta (2-0), puis Joseph-Monrose, en bon capitaine, se chargea de doubler l'actif en seconde période (4-0)...
Rarement, une finale croisienne avait été aussi largement dominée. Et l'on finissait par regretter ce dénouement logique qu'aurait été un final Lens - Watford.
Des Anglais qui, dans l'affaire, se sont contentés d'obtenir une troisième place face à de bons Lillois, après une partie riche en buts (2-2). Mais à la loterie des tirs au but, Lewis Young et les siens réussissaient à conjurer le sort (4-2). Sans doute les dieux lensois avaient-ils investi les lieux bien avant que leurs ouailles n'apparaissent sur la pelouse...